Pour bien gérer le changement  Prospect Gestion 

Le changement et le temps

Les facteurs de changement

Bon nombre de modèles explicatifs du changement tentent de prendre en compte l’un ou l’autre des facteurs reliés au changement. Certains parleront davantage de l’importance de la mobilisation que suscitent les gestionnaires, d’autres mettront l’accent sur les contraintes de l’environnement externe qui « obligent », en quelque sorte, l’organisation à changer, d’autres enfin parleront des rapports de force existant au sein des organisations et qui cherchent à modifier constamment cet équilibre en faveur de l’un ou l’autre des groupes constitués .

Le facteur temps est souvent pris pour acquis. Soit, l’on tente de le minimiser en mettant l’accent sur le fait que l’organisation ne dispose pas de temps suffisant, compte tenu de la concurrence, pour « donner le temps » à tous de s’adapter. Soit on lui accorde une importance démesurée en lui donnant l’image d’une contrainte absolue sur l’organisation en regard des rythmes d’apprentissage et des possibilités réelles de changer.

Dans les faits, le facteur temps peut être soit un facteur de cristallisation du changement ou encore un facteur de dé - cristallisation. C’est la perception des gestionnaires qui fera la différence entre ces deux facteurs. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est en voulant planifier le changement que l’on risque le plus d’en perdre le contrôle. Car en planifiant, on positionne les étapes à franchir et on fournit à ceux qui sont susceptibles de voir l’équilibre du pouvoir changer en leur défaveur tous les éléments nécessaires pour s’y opposer. Car si pour les gestionnaires qui enclenchent le changement, les premières étapes apparaissent cruciales, pour ceux qui vivent le changement, ce sont les étapes de mise en œuvre qui deviennent les vrais enjeux. .

Suggestion de lecture


Browers, I. et al. Management humain et contexte de changement Bruxelles. De Boeck, 1997. 145p.


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L'impact du temps

Une organisation aurait donc tout intérêt à se donner un mode d’approche du changement qui faciliterait une attention continuelle aux quatre facteurs suivants :
Le style de management des gestionnaires
La stratégie des différents acteurs
Les contraintes et les opportunités internes
Les contraintes et les opportunités externes

Le poids relatifs de ces facteurs varie essentiellement en fonction du temps et mis à part les contraintes et opportunités externes sur lesquelles il est difficile d’avoir un impact majeur, tous les autres facteurs peuvent s’influencer les uns les autres. Le vrai changement sera celui qui se sera alimenté à la quête de l’équilibre entre eux dans une saine tension entre changement et stabilité. Cet équilibre dans la tension sera fourni par la prise en compte du temps psychologique nécessaire à tous pour s’adapter, se mettre en état d’apprentissage, se faire confiance mutuellement et s’engager dans le changement.

Le diagramme ci-haut tente de représenter cet énoncé. On y voit que le style de management des gestionnaires, s’inspirant de leur perception des contraintes et des opportunités de l’environnement externe induit sur la stratégie des acteurs. Ces derniers sont fortement influencés dans leurs réactions par les contraintes et opportunités de l’environnement interne et réagissent au style de management. Quant à elles, les contraintes et opportunités internes sont plus ou moins balisées par les contraintes et opportunités externes

Tous ces facteurs doivent composer avec le temps, lequel s’écoule non pas sur une base linéaire mais sur une base psychologique, c’est-à-dire qu’il se révèle d’importance plus ou moins grande dépendant des acteurs. Dans certains cas, il peut être une contrainte, dans d’autres cas une opportunité. Le changement peut donc être vu comme la résultante d’une ensemble de perceptions qui conduisent, dans le temps, les acteurs d’une organisation à se positionner face aux conséquences désirées ou appréhendées dudit changement. Tout comme l’avenir, le changement n’est pas déjà inscrit ou écrit. Il prend naissance dans l’imaginaire des acteurs où à partir d’une vision véhiculée par les gestionnaires il s’incarne dans une recherche constante d’équilibre entre les différentes perceptions. Pour bien maîtriser le changement, les gestionnaires doivent donc porter attention aux perceptions afin si possible de les influencer dans le sens de leur vision. Autrement, ils seront à la remorque du changement, ce qui les rendra, tout comme leur organisation, vulnérables..

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