Pour bien gérer le changement  Prospect Gestion 

Une politique interne (2)


lueur


Cette gestion de la politique interne de l'organisation ou de l'entreprise diffère d'une gestion politique par certaines caractéristiques particulières, à savoir : l'attention portée à la vision, l'absence de manipulation des individus et l'emphase mis sur le sens du travail. En un sens, la gestion de la politique va mettre l'accent davantage sur le fond que sur la forme alors que la gestion politique emprunterait davantage à la forme, le fond ne servant que de prétexte au maintien des enjeux politiques. L'absence de délimitations claires entre le monde du management et le monde politique provoque une confusion à la quelle le manager peut avoir de la difficulté à échapper. Lorsque des politiques s'improvisent managers et interviennent dans la gestion quotidienne d'une organisation, la tentation est grande pour le manager d'emprunter au politique un mode de relation qui lui ferait politiser à l'interne ses rapports avec autrui. Dans ces conditions, il s'éloignerait du management pour se rapprocher de la politique avec les inconvénients majeurs pour la réalisation de son projet de changement. .

L'attention à la vision

Fondamentalement, c'est la vision qui porte et alimente le changement. Sans vision, on l'a déjà vu, le " tapage " ambiant ne demeurerait que du bruit qu'il serait impossible à l'ensemble de l'organisation ou de l'entreprise de transformer en signal clair. Chacun irait donc de sa propre interprétation des volontés managériales avec comme résultat une énorme cacophonie qui nécessiterait une coordination de tous les instants en lieu et place d'une intégration croissante. Pour ce faire, le management doit s'alimenter à une réflexion, autour du projet de changement, qui intervient non pas seulement à des moments privilégiés dans la vie de l'organisation mais surtout dans l'agir quotidien de cette dernière. C'est là qu'apparaît tout l'art du manager à faire de cette réflexion une pensée agissante dans le concret de l'organisation.

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Pour ce faire, le manager doit favoriser impérativement la réflexion au sein de son équipe de gestion afin que le projet de changement ne suive son propre cheminement sans lien avec la vision retenue. Car, une fois le projet lancé, il n'est pas rare que l'on oublie de revenir constamment sur le lien entre les actions posées au jour le jour et les objectifs recherchés par le projet de changement. D'autant plus que, si la gestion des écarts reliés à l'engagement, à la culture et à la perception laisse à désirer, il ne faudra guère s'étonner que chacun ne soit tenter de s'approprier le changement que pour la partie qui rencontre ses intérêts.

C'est donc à une réflexion dans l'action que le manager doit convier son équipe afin que celle-ci nourrisse le projet de changement et la vision dont il découle dans un même mouvement. Ainsi, il est fort probable que l'ensemble de l'organisation alimenter son action quotidienne à la même source et, partant, assure une meilleure intégration des activités.

L'absence de manipulation

On ne saurait trop insister sur l'importance, dans la mise en scène du changement, d'accorder la plus grande place possible aux personnes dans l'organisation. Contrairement à la gestion du pouvoir, qui caractérise le monde politique, et dont la préoccupation est essentiellement de l'ordre des moyens orientés vers la seule fin de maintenir ce pouvoir, la gestion de la politique met l'emphase non pas sur le rôle de patron ou de figure d'autorité mais sur la valeur symbolique du personnage que le manager principal représente en tant qu'incarnation du projet de changement.

Les faits et gestes du manager doivent traduire le changement et la vision qui le sous-tend. Les paroles ne suffisent pas. Car la manipulation vient souvent de la parole des managers bureaucrates qui connaissent les mots qui font vibrer, espérer, patienter mais dont les retombées concrètes ne sont que de la poudre aux yeux ! On nage alors en pleine gestion politique.

L'emphase sur le sens du travail

Finalement, tout comme en politique externe ou dans ses relations avec l'environnement de son entreprise ou de son organisation, le manager doit se préoccuper de sa visibilité pour le symbole et de sa crédibilité pour la vision. Il doit savoir manager sa présence pour qu'elle ait à l'interne une portée maximale et ne pas la ternir en posant des gestes qui ne s'alimenteraient pas à la vision énoncée. Car le sens du travail se nourrit justement de l'appariement que les employés peuvent faire entre leurs actions quotidiennes et l'impression qu'ils ont d'ainsi contribuer à réaliser le changement énoncé. Dans le domaine publique, en particulier dans les services de santé et d'éducation à titre d'exemple, cet aspect revêt une importante toute particulière car, dans ce cas, s'ajoute un sentiment personnel de " vocation missionnaire " dans le service à autrui.

En guise de conclusion

À la fin de cette deuxième partie sur la politique interne, il nous faut donc rappeler que le manager doit s'intéresser aux rapports de pouvoir au sein de son organisation afin que ceux-ci interfèrent le moins possible dans la mise en œuvre du changement. Il doit le faire car, en situation d'incertitude, les facteurs politiques internes sont plus susceptibles d'être détournés ou récupérés par les instances structurées s'ils ne sont pas pris en compte par la direction de l'organisation.

Les rapports politiques découlant essentiellement de l'appropriation que font les individus du projet de changement et de leur tentative d'assimiler les enjeux organisationnels à leurs enjeux personnels, le rôle du manager est de renverser cette tendance et de favoriser ainsi l'assimilation des enjeux personnels aux enjeux de l'organisation. Il doit également canaliser les interventions politiques à l'interne en favorisant une large diffusion de l'information directement auprès de l'ensemble de l'organisation et par là minimiser la portée des rumeurs.

Finalement, en portant davantage intérêt aux personnes qu'aux tâches devant être accomplies, le manager principal s'assure d'une sensibilité constante aux facteurs politiques internes de son organisation. Ce faisant, il court la chance d'être plus dégagé et conscient des enjeux politiques externes et de positionner son organisation en conséquence.

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